Encadrement et effectifs des classes

Les études contre la politique à l’oeuvre.
lundi 30 mai 2011
par  Sud Education Lorraine

GIF - 48 ko Comme si tout était fait pour démontrer que la politique éducative du gouvernement va à l’encontre des besoins des élèves, on ne compte plus les études qui démontent les arguments ministériels.

Quoi qu’on pense de ce rapport, en décembre dernier, PISA montrait un classement de la France en recul depuis dix ans, pour tomber en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE. De plus, cette étude montrait que l’école française corrige très mal voire pas du tout les inégalités de naissance, là où d’autres pays parviennent à faire en sorte que le milieu socio-économique dont sont issus les élèves influe moins sur leur réussite.

En février dernier, un autre rapport montrait que la France arrivait bonne dernière des pays de l’OCDE en taux d’encadrement des élèves. Seulement 6 enseignants y encadrent 100 élèves ou étudiants, là où la Grèce, le Portugal ou la Suède en comptent plus de 9. Cherchez le lien avec les résultats de l’étude précédente… Et encore, cette étude comparative prend comme référence 2007, année où débutait à peine la valse aux suppressions de postes (plus de 11 000 en 2008, 13 000 en 2009, 16 000 en 2010, et 16 000 encore pour la rentrée prochaine malgré une augmentation du nombre d’élèves).

Devant ce paradoxe, le ministère ressort l’argument imparable brandit à chaque rentrée : « On peut faire mieux avec moins de moyens, les effectifs n’ont pas d’influence sur les résultats scolaires ». Sûr de l’axiome, Luc Châtel demandait il y a un an aux recteurs et inspecteurs d’académies de contribuer à l’augmentation du nombre d’élèves par classe dans le primaire, calculant que l’augmentation d’un élève par classe permettrait une économie de près de 10 000 classes.

Et là, patatras… en mars dernier, c’est au tour du laboratoire des sciences de l’éducation de Grenoble II de montrer que « le constat est faux ». Son directeur, Pascal Bressoux, affirme qu’il y a aujourd’hui consensus sur cette question : « les études les plus fiables montrent qu’il y a bien un effet : si on baisse les effectifs des classes, on augmente les acquis des élèves ». Le chercheur fait valoir que, moins nombreux, les élèves s’impliquent plus dans les tâches scolaires, qu’ils sont « d’avantage visibles socialement » et que l’enseignant peut ainsi mieux appréhender leurs difficultés.

En réalité, une des rares études ayant véritablement mesuré scientifiquement l’impact de la taille des classes sur les résultats des élèves est le programme américain STAR où les chercheurs ont suivi en double aveugle pendant 13 années 11 600 élèves durant les 4 premières années de leur scolarité. En Grande-Bretagne, un travail similaire a été menée par Peter Blatchford. Ces deux études établissent trois conclusions cruciales :
- toutes choses égales par ailleurs la réduction des effectifs scolaires dans les premières années d’enseignement est bel et bien un facteur de réussite scolaire,
- les effets d’une réduction initiale de la taille des classes sont durables et semblent même augmenter au fil des années d’étude,
- la réduction de la taille des classes permet de réduire considérablement les écarts entre enfants d’origine sociale différente.

Au final, si ces études montrent ce qui pour un enseignant relève de l’évidence, le paradoxe reste qu’il nous faut y faire appel tant la machine à propagande gouvernementale parvient à nous assommer. SUD Education revendique dans l’immédiat, l’arrêt des suppressions de postes, le rétablissement des postes supprimés et une réduction du nombre d’élèves par classe.

Notre cause est juste, et c’est par la mobilisation des collègues et des parents sur le terrain, la grève et les actions que nous obtiendrons satisfaction.


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